Le département du Doubs porte dans ses paysages les traces profondes des conflits qui ont marque la France. De la guerre franco-prussienne de 1870 a la Liberation de 1944-1945, chaque epoque a laisse des monuments, des steles et des sepultures qui temoignent du sacrifice des combattants.

Ce guide propose un inventaire des lieux de memoire les plus significatifs du département. Il s’adresse aux familles, aux enseignants, aux passionnes d’histoire et a tous les citoyens soucieux de connaitre le patrimoine memoriel de leur territoire.

Le Souvenir français du Doubs veille a la preservation de ces sites. Ses benevoles entretiennent les tombes, restaurent les monuments et organisent les cérémonies commémoratives qui rythment l’annee.

Besancon : capitale memorielle du Doubs

Le cimetiere des Champs-Bruley

Le cimetiere des Champs-Bruley constitue le principal ensemble memoriel de Besancon. On y trouve un carre militaire regroupant les sepultures de soldats français tombes pendant la guerre de 1870, la Première et la Seconde Guerre mondiale.

Un monument central, erige au coeur du carre, porte les inscriptions des unites ayant combattu dans la region. Le Souvenir français y assure un entretien regulier tout au long de l’annee.

« Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie ont droit qu’a leur cercueil la foule vienne et prie. » — Victor Hugo

Les cérémonies du 1er novembre et du 11 novembre s’y deroulent chaque annee en presence des autorites civiles et militaires. Ce lieu est librement accessible au public et merite une visite attentive.

La Citadelle de Besancon

La Citadelle de Besancon, chef-d’oeuvre de Vauban classe au patrimoine mondial de l’UNESCO, a joue un role sombre pendant la Seconde Guerre mondiale. Les troupes d’occupation allemandes y ont exécuté 100 resistants entre 1941 et 1944. Modernisee dans le cadre du systeme defensif national après 1870, la Citadelle s’inscrit dans le reseau des forts Sere de Rivieres en Franche-Comte qui formait la ligne de défense face a l’Allemagne imperiale.

Un memorial de la Résistance et de la Deportation y est installe depuis 1971. Ce musée retrace l’histoire de la Résistance en Franche-Comte et rend hommage aux fusilles de la Citadelle.

Des poteaux d’execution ont été preserves sur le site. Des plaques individuelles portent les noms de chaque resistant exécuté, accompagnes de leur age et de leur date de mort.

« La Citadelle de Besancon est a la fois un joyau d’architecture militaire et un lieu de souffrance ou cent hommes sont tombes pour la liberte. » — Musée de la Résistance et de la Deportation

Les autres lieux de memoire bisontins

La ville de Besancon compte egalement le monument aux morts du square Castan, le carre militaire du cimetiere Saint-Ferjeux et plusieurs plaques commémoratives apposees sur des batiments ou des resistants furent arretes. La rue de la Résistance et la place de la Liberation portent le souvenir de ces evenements dans la toponymie meme de la ville.

Montbeliard et le pays de l’Allan

Le monument aux morts de Montbeliard

Le monument aux morts de Montbeliard, situe place Velotte, est l’un des plus imposants du département. Il porte les noms de centaines de soldats tombes au cours des conflits de 1870, 1914-1918 et 1939-1945.

Erige après la Première Guerre mondiale, il a été enrichi après 1945 pour honorer les morts de la Seconde Guerre mondiale. Chaque 11 novembre et 8 mai, une cérémonie officielle s’y deroule en presence du maire et des associations d’anciens combattants.

Le carre militaire du cimetiere de Montbeliard

Le cimetiere communal de Montbeliard abrite un carre militaire ou reposent des soldats français et allies. Le Souvenir français y entretient les tombes et y appose sa cocarde sur les sepultures prises en charge.

Des soldats de differentes nationalites reposent cote a cote dans ce carre. On y trouve des tombes de combattants français, de tirailleurs coloniaux et de prisonniers de guerre decedes en captivite.

Monument aux morts et carre militaire dans le Doubs

Pontarlier : memoire a la frontiere suisse

La retraite de l’armée de l’Est

Pontarlier occupe une place particuliere dans la memoire de la guerre de 1870. C’est par cette ville que l’armée de l’Est du général Bourbaki a effectue sa retraite desastreuse vers la Suisse en fevrier 1871.

Affames, transis de froid, les soldats français ont traverse le Haut-Doubs dans des conditions effroyables. Des milliers d’entre eux sont morts d’epuisement, de maladie ou de froid avant de franchir la frontiere.

« L’armée de l’Est a traverse Pontarlier dans un etat de delabrement indescriptible. Les soldats tombaient d’epuisement a chaque pas. » — Temoignage d’un officier français, fevrier 1871

Les monuments de Pontarlier

La commune conserve un monument commémoratif dedie aux soldats de l’armée de l’Est et un carre militaire dans son cimetiere. Des steles le long de la route de la frontiere suisse marquent les etapes de cette retraite tragique.

Le Souvenir français entretient ces lieux avec un soin particulier. Ils constituent un temoignage unique de l’un des episodes les plus dramatiques de la guerre de 1870 dans le Doubs.

Hericourt et la bataille du 15-17 janvier 1871

La bataille d’Hericourt des 15, 16 et 17 janvier 1871 est l’un des affrontements majeurs de la guerre de 1870 dans le département. L’armée de l’Est, commandee par le général Bourbaki, y affronta les troupes prussiennes du général Manteuffel.

L’echec de cette offensive sonna le glas des espoirs français de degager Belfort. La defaite d’Hericourt conduisit directement a la retraite de l’armée de l’Est vers Pontarlier et la frontiere suisse.

Un monument commémoratif a Hericourt rappelle cette bataille. Des tombes de soldats français et allemands se trouvent dans le cimetiere communal et dans les environs.

Pour en savoir plus sur les combats de 1870, consultez notre article sur la guerre de 1870 dans le Doubs et la chronologie de la guerre de 1870. La citadelle de Belfort, haut lieu du patrimoine militaire de Franche-Comté, constitue également une étape incontournable pour tout itinéraire mémoriel dans la région : forteresse Vauban, lion de Bartholdi, musée d’Art et d’Histoire et cérémonies commémoratives y forment un ensemble patrimonial d’exception.

Cussey-sur-l’Ognon : le combat du 22 octobre 1870

Le combat de Cussey-sur-l’Ognon du 22 octobre 1870 est l’un des premiers affrontements de la guerre dans le Doubs. Les troupes françaises, composees en grande partie de gardes mobiles, y affrenterent les forces prussiennes dans des combats acharnes.

Un monument aux morts a été erige sur le lieu des combats. Une tombe collective rassemble les depouilles de soldats français tombes ce jour-la. Le site est accessible depuis le centre du village.

Chaque annee, le Souvenir français organise une ceremony de recueillement sur ce site. Les monuments aux morts de 1870 dans le Doubs comptent Cussey parmi les plus significatifs.

Le plateau du Lomont : haut lieu de la Résistance

Les maquis du Lomont

Le plateau du Lomont, situe entre Montbeliard et la frontiere suisse, fut l’un des hauts lieux de la Résistance dans le Doubs. Des groupes de maquisards y etablirent leurs bases a partir de 1943.

Les maquis du Lomont menerent des actions de sabotage contre les voies de communication allemandes. Ils faciliterent le passage de personnes recherchees vers la Suisse et participerent aux combats de la Liberation.

En septembre 1944, les troupes allemandes lancerent une vaste opération de represailles contre les maquis du Lomont. Plusieurs resistants furent tues au combat ou executes après capture.

Steles et memoriaux du Lomont

Des steles commémoratives jalonnent le plateau du Lomont a l’endroit ou des resistants sont tombes. Un memorial rend hommage a l’ensemble des combattants du Lomont.

Ces lieux de memoire sont accessibles par des sentiers de randonnee. Ils offrent une double experience : la decouverte d’un patrimoine naturel remarquable et le recueillement devant le sacrifice des resistants.

Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur la Résistance en Franche-Comte et sur la Liberation du Doubs.

Stele commémorative de la Resistance sur le plateau du Lomont dans le Doubs

Les monuments des villages : un patrimoine de proximite

L’omnipresence des monuments aux morts

Pratiquement chaque commune du Doubs possede son monument aux morts. Ces edifices, souvent situes sur la place du village ou dans le cimetiere communal, portent les noms des soldats de la commune tombes au combat.

La plupart de ces monuments ont été eriges après la Première Guerre mondiale, lorsque chaque village fut frappe par la perte de ses enfants. Ils furent completes après 1945 par les noms des morts de la Seconde Guerre mondiale.

Les differents types de monuments

Les monuments aux morts du Doubs prennent des formes variees selon les communes et les epoques. On trouve des obelisques, des steles, des statues de poilus, des croix et des plaques murales.

Certains monuments portent la mention “Morts pour la France”, d’autres la formule “A nos enfants morts pour la Patrie”. Ces inscriptions temoignent de la volonte des communes d’honorer le sacrifice de leurs combattants.

Les lieux de memoire du Doubs se repartissent ainsi en plusieurs grandes categories :

  • Les monuments aux morts communaux, presents dans la quasi-totalite des villages, sur une place ou dans le cimetiere.
  • Les carres militaires, espaces dedies au sein des cimetieres (Besancon, Montbeliard, Baume-les-Dames).
  • Les sites d’execution et de repression, comme la Citadelle de Besancon et ses poteaux d’execution.
  • Les steles commémoratives isolees, jalonnant les routes, les forets et les plateaux ou des combats ou des executions ont eu lieu (Lomont, Pontarlier).
  • Les tombes et fosses collectives, regroupant plusieurs combattants inhumes ensemble sur le lieu meme des combats (Cussey-sur-l’Ognon).
  • Les musées et memoriaux, qui documentent et contextualisent ces evenements (Memorial de la Résistance et de la Deportation de Besancon).

Pour un inventaire detaille, consultez nos articles dedies aux monuments aux morts de 1870 et aux monuments aux morts de 1918.

Tableau des principaux lieux de memoire du Doubs

Lieu Commune Période A voir
Cimetiere des Champs-Bruley Besancon 1870 / 1914-18 / 1939-45 Carre militaire, monument central, sepultures
Citadelle de Besancon Besancon 1939-45 Memorial de la Résistance, poteaux d’execution
Monument aux morts place Velotte Montbeliard 1870 / 1914-18 / 1939-45 Noms graves, cérémonies
Monument commémoratif Pontarlier 1870 Souvenir de la retraite de l’armée de l’Est
Monument de la bataille Hericourt 1870 Stele, tombes de soldats
Monument et tombe collective Cussey-sur-l’Ognon 1870 Monument aux morts, fosse commune
Memorial du Lomont Plateau du Lomont 1939-45 Steles des maquisards, sentiers de memoire
Carre militaire Baume-les-Dames 1870 Tombes de soldats de l’armée de l’Est

Conseils pratiques pour visiter les lieux de memoire

Aspect Recommandation
Acces La plupart des sites sont en acces libre et gratuit
Horaires Cimetieres ouverts aux heures habituelles, Citadelle selon saison
Journees du patrimoine Visites guidees proposees en septembre dans de nombreuses communes
Respect des lieux Ne pas marcher sur les tombes, adopter un comportement digne
Photographie Autorisee dans la plupart des sites, sauf mention contraire
Accompagnement Contacter le Souvenir français du Doubs pour un parcours guide

Le role du Souvenir français dans la preservation

Le Souvenir français est une association reconnue d’utilite publique depuis 1906. Sa mission principale est de conserver la memoire de ceux qui sont morts pour la France en entretenant leurs tombes et les monuments eleves a leur gloire.

Dans le Doubs, les benevoles des comités locaux assurent ce travail tout au long de l’annee. Ils nettoient les tombes, restaurent les inscriptions, fleurissent les sepultures et signalent les degradations aux autorites.

L’association finance ces actions grace aux cotisations de ses adherents, aux dons et a la quete nationale du 1er novembre organisee dans les cimetieres. Pour mieux comprendre le fonctionnement de l’association, consultez notre article sur la presentation et les missions du Souvenir français.

Les sepultures et cimetieres militaires du Doubs beneficient de cet entretien perpetuel. Sans le travail des benevoles, de nombreuses tombes tomberaient dans l’oubli.