La guerre de 1870 a profondement marque le département du Doubs. Les combats entre l’armée française et les troupes prussiennes ont laisse des traces durables dans le paysage franc-comtois.
Aujourd’hui, plusieurs dizaines de monuments, steles et tombes collectives temoignent de cette période douloureuse. Ils rappellent le sacrifice des soldats tombes sur le sol doubiste.
Le Souvenir français du Doubs veille a la preservation de ces lieux de memoire. Cet article propose un inventaire detaille des monuments de 1870 dans le département.
Les monuments aux morts : gardiens de la memoire nationale
Un monument aux morts est un edifice commémoratif erige en l’honneur des soldats morts au combat. En France, on en denombre plus de 36 000, repartis dans pratiquement chaque commune du territoire.
Si les monuments dedies a la Première Guerre mondiale sont les plus nombreux, ceux de 1870 les ont precedes. Ils constituent les premiers temoignages de la commémoration publique des soldats en France.
Avant 1870, les morts au combat etaient rarement honores par des monuments communaux. La defaite face a la Prusse et la perte de l’Alsace-Lorraine ont suscite un elan patriotique sans precedent.
Les communes ont alors erige des steles, des pyramides et des croix pour honorer leurs morts. Ce mouvement a donne naissance au Souvenir français en 1887.
Dans le Doubs, ces monuments prennent des formes variees. On trouve des steles de pierre, des pyramides obelisques, des tombes collectives, des plaques commémoratives et des carres militaires dans les cimetieres communaux.
Inventaire des monuments de 1870 commune par commune
Besancon — Cimetiere des Champs-Bruley
Le cimetiere des Champs-Bruley a Besancon abrite l’un des ensembles commémoratifs les plus importants du département. Un carre militaire y regroupe les sepultures des soldats français tombes pendant la guerre de 1870.
On y trouve egalement un monument central portant l’inscription des unites ayant combattu dans la region. Ce lieu fait l’objet d’un entretien regulier par le Souvenir français.
Les cérémonies du souvenir s’y deroulent chaque annee, notamment le 1er novembre et le 11 novembre. Le cimetiere est librement accessible au public.
Baume-les-Dames
La commune de Baume-les-Dames possede un monument dedie aux soldats de 1870 situe dans le cimetiere communal. Cette stele en pierre rappelle les combats qui eurent lieu lors de la retraite de l’armée de l’Est du général Bourbaki.
La ville fut traversee par les troupes françaises en janvier 1871 lors de leur marche desastreuse vers la Suisse. Plusieurs soldats y succomberent au froid et a l’epuisement.
Bethoncourt
Bethoncourt, pres de Montbeliard, conserve un monument rappelant les combats de janvier 1871. La commune se trouvait sur la ligne de front lors de la bataille d’Hericourt.
Les troupes françaises tenterent de percer les lignes prussiennes dans ce secteur. Le monument rend hommage aux combattants tombes lors de ces affrontements.
Clerval
La petite cite de Clerval possede un monument aux morts de 1870 dans son cimetiere. La commune fut occupee par les troupes prussiennes pendant plusieurs mois.
Les habitants durent subir les requisitions et les privations de l’occupation. Le monument temoigne de cette période sombre de l’histoire locale.
Cussey-sur-l’Ognon — La tombe collective des 31 mobiles
Le monument de Cussey-sur-l’Ognon est l’un des plus emouvants du département. Il abrite une tombe collective contenant les depouilles de 31 gardes mobiles tues lors des combats du 22 octobre 1870.
Ces jeunes soldats, issus de la garde nationale mobile, furent engages dans un affrontement avec les troupes prussiennes pres de la riviere Ognon. Peu entraines et mal equipes, ils tomberent sous le feu ennemi.
La tombe collective fut amenagee après la bataille par les habitants de la commune. Elle est aujourd’hui entretenue par le Souvenir français et fait l’objet d’une commémoration annuelle.
Hericourt
Hericourt fut le théâtre de deux batailles majeures. La première bataille d’Hericourt eut lieu le 15 novembre 1870. La seconde se deroula du 15 au 17 janvier 1871.
Le monument d’Hericourt honore les milliers de soldats français tombes lors de ces combats. La ville possede egalement un carre militaire dans son cimetiere.
La bataille de janvier 1871 fut l’un des derniers affrontements majeurs de la guerre. L’echec de l’offensive française precipita la retraite de l’armée de Bourbaki vers la Suisse.
Maiche
La commune de Maiche, dans le Haut-Doubs, possede un monument aux morts de 1870. Cette region montagneuse fut traversee par des detachements français et prussiens tout au long du conflit.
Le monument rappelle le sacrifice des soldats originaires du canton de Maiche. Plusieurs familles de la region perdirent des proches dans cette guerre.
Montbeliard — Cimetiere et monument
Montbeliard conserve plusieurs vestiges de la guerre de 1870. Le cimetiere communal abrite un carre militaire avec les sepultures de soldats français et allemands.
Un monument commémoratif est egalement erige dans la ville. Il porte les noms des Montbeliardais tombes pendant le conflit.
La ville, situee pres de la frontiere avec l’Alsace, fut directement touchee par les operations militaires. Les combats de la region de Montbeliard furent particulierement violents en janvier 1871.
Morteau
Morteau, chef-lieu du Haut-Doubs, possede un monument aux morts incluant les noms des victimes de 1870. La commune servit de point de passage pour les troupes françaises en retraite vers la Suisse.
Plusieurs soldats de l’armée de Bourbaki moururent d’epuisement et de froid dans la region. Le Val de Morteau conserve la memoire de cette tragedie.
Pontarlier
Pontarlier joua un role crucial dans les derniers jours de la guerre. C’est par cette ville que l’armée de l’Est — environ 87 000 hommes — passa avant de se refugier en Suisse en fevrier 1871.
Le monument de Pontarlier rappelle cette episode dramatique. La ville possede egalement des sepultures de soldats dans son cimetiere. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur la guerre de 1870 dans le Doubs.
Autres communes
Le département compte d’autres lieux de memoire lies a 1870. A Byans-sur-Doubs, on trouve deux tombes de soldats allemands temoignant du respect accorde aux combattants ennemis.
A Bians-les-Usiers, deux sepultures de soldats français sont entretenues dans le cimetiere communal. Le monument de Ronchaux rappelle egalement les combats dans cette partie du Doubs.
Le tableau ci-dessous recapitule les principaux monuments de 1870 dans le département.
| Commune | Type de monument | Localisation | Particularite |
|---|---|---|---|
| Besancon | Carre militaire, monument central | Cimetiere des Champs-Bruley | Ensemble commémoratif majeur |
| Baume-les-Dames | Stele | Cimetiere communal | Retraite de l’armée de l’Est |
| Bethoncourt | Monument | Centre-ville | Bataille d’Hericourt |
| Clerval | Monument aux morts | Cimetiere communal | Occupation prussienne |
| Cussey-sur-l’Ognon | Tombe collective | Cimetiere | 31 gardes mobiles inhumes |
| Hericourt | Monument et carre militaire | Cimetiere | Deux batailles majeures |
| Maiche | Monument aux morts | Place communale | Canton du Haut-Doubs |
| Montbeliard | Carre militaire, monument | Cimetiere | Sepultures françaises et allemandes |
| Morteau | Monument aux morts | Centre-ville | Passage de l’armée de Bourbaki |
| Pontarlier | Monument, sepultures | Cimetiere | Dernier passage avant la Suisse |
| Byans-sur-Doubs | Tombes individuelles | Cimetiere | Deux soldats allemands |
| Bians-les-Usiers | Tombes individuelles | Cimetiere | Deux soldats français |
| Ronchaux | Monument | Commune | Combats locaux |
Les differents types de monuments
Les monuments de 1870 dans le Doubs se repartissent en plusieurs categories. Chacune repond a une fonction commémorative specifique.
Les steles sont les plus courantes. Il s’agit de pierres dressees portant une inscription commémorative. Elles sont generalement placees dans les cimetieres ou sur les places communales.
Les pyramides obelisques constituent une forme plus imposante. Elles se trouvent dans les communes qui furent le théâtre de combats importants. Leur hauteur symbolise la grandeur du sacrifice consenti.
Les tombes collectives abritent les depouilles de plusieurs soldats inhumes ensemble. Celle de Cussey-sur-l’Ognon avec ses 31 mobiles en est l’exemple le plus marquant dans le Doubs.
Les plaques commémoratives sont apposees sur les murs des mairies, des églises ou des cimetieres. Elles portent les noms des soldats morts pour la France.
Les carres militaires sont des espaces dedies dans les cimetieres communaux. Celui de Besancon aux Champs-Bruley est le plus important du département.
Au-dela de leur forme, ces monuments partagent generalement plusieurs elements caracteristiques :
- Une inscription commémorative rappelant les circonstances du sacrifice (bataille, date, unite).
- La liste des noms des soldats tombes, parfois accompagnee de leur grade ou de leur age.
- Un symbole patriotique : drapeau sculpte, coq gaulois, croix de guerre gravee ou couronne de laurier.
- Une formule d’hommage comme “Morts pour la France” ou “A la memoire de nos soldats”.
- Un espace de recueillement amenage pour le depot de gerbes lors des cérémonies.
- Dans certains cas, une liste des unites ayant combattu dans le secteur (regiments, bataillons de gardes mobiles).
Le role du Souvenir français dans l’entretien des monuments
Le Souvenir français fut fonde en 1887 precisement pour entretenir les tombes et monuments des soldats de 1870. L’association est nee de la volonte de preserver la memoire des combattants, en particulier dans les territoires annexes par l’Allemagne.
Dans le Doubs, le comité departemental du Souvenir français coordonne l’entretien de l’ensemble des monuments de 1870. Les benevoles des comités locaux assurent le nettoyage, le fleurissement et la renovation des sites.
Chaque annee, le 1er novembre, une quete nationale est organisee dans les cimetieres. Les fonds collectes servent directement a la restauration des monuments et des sepultures.
Le Souvenir français collabore egalement avec les communes et les services departementaux pour les travaux de renovation importants. Certains monuments ont beneficie de restaurations completes grace a ces partenariats.
L’association organise aussi des cérémonies commémoratives tout au long de l’annee. Ces rassemblements permettent de transmettre la memoire aux jeunes générations. Decouvrez l’ensemble des commémorations et cérémonies organisees dans le Doubs.
Visiter les monuments de 1870 dans le Doubs
La plupart des monuments de 1870 sont situes dans des espaces publics accessibles librement. Les cimetieres communaux sont generalement ouverts tous les jours.
Pour organiser une visite, il est recommande de commencer par Besancon et le cimetiere des Champs-Bruley. Ce site offre une vue d’ensemble de la commémoration de 1870 dans le département.
La visite peut se poursuivre vers Cussey-sur-l’Ognon pour decouvrir la tombe collective des 31 mobiles. Ce lieu est particulierement emouvant et illustre la realite des combats de 1870.
En direction de Montbeliard et Hericourt, les monuments rappellent les grandes batailles de janvier 1871. Consultez notre chronologie de la guerre de 1870 pour situer ces evenements dans leur contexte.
Enfin, le parcours vers Pontarlier et le Haut-Doubs permet de suivre le chemin de la retraite de l’armée de Bourbaki. Ce trajet retrace l’une des pages les plus tragiques de la guerre dans la region.
Pour une sélection élargie à tous les conflits, découvrez également notre classement des monuments aux morts les plus remarquables du Doubs, qui recense les 15 édifices commémoratifs les plus marquants du département par leur valeur historique, artistique et symbolique.
Les monuments de 1870 dans le Doubs forment un patrimoine memoriel d’une grande richesse. Ils temoignent du courage des combattants et de la volonte des générations suivantes de ne pas oublier leur sacrifice.



