Dans un Doubs dont le territoire porte encore les cicatrices des deux guerres mondiales — des nécropoles de la Haute-Saône aux vestiges de la ligne Maginot, en passant par les monuments aux morts de chaque village —, la transmission du devoir de mémoire représente un enjeu civique de première importance. En 2026, alors que les derniers témoins directs de la Seconde Guerre mondiale s’éteignent, comment faire vivre cette mémoire auprès des jeunes générations ? Comment rendre tangible et émouvant ce qui appartient désormais à l’histoire écrite ?
Claire Bourgeois, 45 ans, relève ce défi au quotidien. Professeure agrégée d’histoire au lycée Victor Hugo de Besançon depuis dix-huit ans, coordinatrice du pôle mémoire combattante de l’établissement, elle est également membre engagée du comité pédagogique du Souvenir Français du Doubs depuis 2014. Passionnée, pédagogue, convaincue que l’histoire doit se vivre autant qu’elle s’apprend, elle nous livre ici une vision approfondie de son travail de terrain et de ses méthodes innovantes pour faire du devoir de mémoire une expérience transformatrice pour les lycéens du Doubs.
Claire Bourgeois Professeure agrégée d’histoire, coordinatrice du pôle mémoire combattante Lycée Victor Hugo — Besançon (Doubs) 18 ans d’enseignement | Comité pédagogique du Souvenir Français du Doubs depuis 2014
Le parcours de Claire Bourgeois
**Question 1 :** Madame Bourgeois, pourriez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a amenée à vous investir autant dans l'enseignement du devoir de mémoire ?
**Claire Bourgeois :** Mon parcours est, je crois, assez classique pour une agrégée d'histoire, mais il a été jalonné de rencontres et d'expériences qui ont orienté ma vocation. Après mes études universitaires à la Sorbonne, où j'ai approfondi l'histoire contemporaine, notamment les conflits mondiaux, j'ai débuté ma carrière d'enseignante. Très vite, j'ai ressenti le besoin d'aller au-delà des programmes scolaires, de donner une dimension plus vivante et incarnée à l'histoire. C'est en arrivant au lycée Victor Hugo de Besançon, il y a maintenant plus de quinze ans, que j'ai réellement pu développer des projets autour de la mémoire combattante. La région du Doubs, avec son passé riche et ses nombreux lieux de mémoire, offre un terreau exceptionnel. J'ai été profondément marquée par les témoignages d'anciens combattants que j'ai eu la chance de rencontrer, et par l'impact que ces récits avaient sur mes élèves. Comprendre que l'histoire n'est pas qu'une succession de dates et de faits, mais des vies, des sacrifices, des héritages, est devenu le cœur de ma démarche. L'enseignement du devoir de mémoire n'est pas seulement une matière pour moi, c'est une mission citoyenne, un pont entre les générations. Il s'agit de former des citoyens conscients de leur passé pour mieux appréhender leur présent et construire leur avenir.
Le devoir de mémoire en 2026
**Question 2 :** En 2026, qu'est-ce que le devoir de mémoire signifie concrètement pour vos élèves ? Est-ce qu'ils perçoivent cette notion différemment des générations précédentes ?
**Claire Bourgeois :** En 2026, le devoir de mémoire pour nos lycéens est une notion en constante évolution, et je pense qu'ils l'appréhendent de manière plus complexe et nuancée que les générations précédentes. Pour eux, qui n'ont pas connu de témoins directs des deux guerres mondiales, la mémoire s'éloigne et risque de se muséifier. Leur défi est de se connecter à des événements qui leur paraissent lointains, parfois abstraits. Le devoir de mémoire ne se limite plus à la simple commémoration ou au souvenir des "poilus" ; il s'élargit à une compréhension des mécanismes des conflits, des enjeux de la paix, de la résilience humaine, et des valeurs républicaines qui en découlent. Ils sont très sensibles aux questions de justice, de droits humains, et perçoivent le devoir de mémoire comme un engagement actif contre l'oubli, l'intolérance et la répétition des erreurs du passé. L'accès quasi illimité à l'information via internet, même s'il peut être source de désinformation, leur permet aussi d'explorer des perspectives multiples et d'interroger la construction même de la mémoire. C'est une génération qui cherche du sens et qui est prête à s'engager si elle perçoit la pertinence et l'actualité de ces enjeux. Notre rôle est de leur montrer cette pertinence.
Méthodes pédagogiques innovantes
**Question 3 :** Quelles méthodes pédagogiques utilisez-vous pour rendre la mémoire vivante ?
**Claire Bourgeois :** Rendre la mémoire vivante, c'est avant tout la sortir des manuels pour l'ancrer dans le concret, l'humain. Au lycée Victor Hugo, je privilégie une pédagogie active et immersive. Nous travaillons beaucoup avec les Archives départementales du Doubs, par exemple. Les élèves sont invités à manipuler de véritables documents, comme les registres matricules ou les journaux de marche et opérations. C'est une démarche fascinante qui leur permet de reconstituer les parcours de soldats bisontins de la Grande Guerre, de leur enrôlement à leur destin sur le front. Ils découvrent des noms, des âges, des professions… et ces chiffres deviennent des vies. Nous avons ainsi pu suivre le périple de jeunes hommes partis de Besançon, comprendre leur quotidien, leurs sacrifices. Ces jeunes hommes, dont les noms figurent aujourd'hui sur les [monuments aux morts de 1914-1918 dans le Doubs](/monuments-aux-morts-1918/), incarnent cette histoire que nous cherchons à transmettre. Cette contextualisation locale, cette capacité à donner un visage et une histoire à un nom sur un monument, est essentielle. Elle démystifie l'histoire, la rend palpable et crée une connexion émotionnelle forte, transformant la simple connaissance en une compréhension empathique et durable. C'est ainsi que la mémoire cesse d'être une notion abstraite pour devenir une expérience partagée.
La réaction des lycéens
**Question 4 :** Comment réagissent les lycéens lors de visites de monuments aux morts ?
**Claire Bourgeois :** L'impact des visites aux monuments aux morts est souvent plus profond qu'on ne l'imagine de prime abord. Au début, certains peuvent se montrer indifférents, considérant cela comme une obligation scolaire. Mais cette perception change radicalement dès que nous commençons à contextualiser. Avant la visite, nous préparons le terrain en classe, en étudiant l'histoire locale, les noms gravés, les symboliques des monuments. Sur place, je les encourage à lire les noms à voix haute, à chercher des dates, à imaginer les familles de ces hommes. Ce n'est plus une simple stèle, mais un portail vers des milliers de destins. La solennité des lieux, couplée à la prise de conscience des vies derrière chaque nom, provoque un silence respectueux, des questions inattendues. Participer à des [cérémonies commémoratives dans le Doubs](/commemorations-ceremonies-doubs/) ou explorer d'autres [lieux de mémoire dans le Doubs](/monuments-lieux-memoire-doubs/) renforce ce sentiment d'appartenance à une histoire collective. C'est un moment où la mémoire collective s'incarne et où l'émotion, souvent contenue, affleure, transformant une simple sortie en une véritable leçon de civisme et de respect.

Lien avec le Souvenir Français du Doubs
**Question 5 :** Quel est votre lien avec le Souvenir Français du Doubs, et comment travaillez-vous ensemble pour la transmission mémorielle ?
**Claire Bourgeois :** Mon lien avec le Souvenir Français du Doubs est très fort et s'est tissé depuis 2014, date à laquelle j'ai eu l'honneur de rejoindre leur comité pédagogique. C'est une collaboration précieuse, fondée sur une vision commune de la transmission mémorielle. En tant qu'enseignante, ma mission est d'éduquer les jeunes générations, et le Souvenir Français est un partenaire indispensable pour concrétiser cette ambition. Nous travaillons main dans la main sur de nombreux projets : organisation de conférences, accompagnement lors de visites de sites mémoriels, et surtout, le développement de ressources pédagogiques adaptées. Je suis profondément convaincue que l'écriture comme vecteur de mémoire et de transmission historique est fondamentale, et nous encourageons souvent les élèves à s'approprier ces histoires par des récits, des poèmes ou des recherches approfondies. Ce partenariat me permet de donner une dimension concrète et citoyenne à mon enseignement, en offrant aux lycéens l'opportunité de s'engager activement dans l'entretien de la flamme du souvenir et le respect de ceux qui ont sacrifié leur vie pour notre liberté. C'est une synergie essentielle pour pérenniser la mémoire combattante.
Outils numériques et archives
**Question 6 :** Quels outils numériques et archives en ligne utilisez-vous pour enrichir votre enseignement ?
**Claire Bourgeois :** L'ère numérique a révolutionné notre approche des archives et de la recherche historique, offrant des opportunités pédagogiques inouïes. Pour mes élèves, des plateformes comme Mémoire des Hommes sont des mines d'or. Elles permettent de retrouver des fiches de soldats, d'explorer des parcours individuels, ce qui humanise l'histoire et la rend concrète. C'est un outil formidable pour travailler sur des biographies ou des recherches généalogiques liées aux conflits mondiaux. L'ECPAD, avec ses collections d'images et de films, est également essentiel. Voir des photographies d'époque ou des reportages filmés de la Première ou de la Seconde Guerre mondiale offre une immersion visuelle et sonore incomparable, bien plus impactante qu'un simple texte. Enfin, les archives départementales du Doubs, souvent numérisées, sont cruciales pour ancrer nos études dans le territoire. Elles nous permettent de découvrir des documents locaux, des journaux intimes, des registres qui éclairent la vie quotidienne durant les conflits et enrichissent notre compréhension des lieux de mémoire dans le Doubs. Ces ressources numériques sont de véritables ponts entre le passé et le présent, et j'encourage tous mes élèves à les explorer avec méthode et esprit critique.Les principaux outils pédagogiques utilisés au lycée Victor Hugo :
- Mémoire des Hommes : fiches individuelles des soldats morts pour la France
- ECPAD : collections de photographies et de films d’époque
- Archives départementales du Doubs : registres matricules, journaux de marche et opérations
- Applications de réalité augmentée sur les lieux de bataille
- Podcasts et témoignages audiovisuels de résistants et d’anciens combattants
- Voyages scolaires sur les champs de bataille et lieux de mémoire
Voyages sur les champs de bataille
**Question 7 :** Organisez-vous des voyages sur les champs de bataille ou dans des camps de concentration ?
**Claire Bourgeois :** Absolument. Ces voyages sont une composante essentielle de notre enseignement de l'histoire et du devoir de mémoire. Rien ne remplace la confrontation directe avec ces lieux chargés d'histoire pour nos élèves. Chaque année, nous nous efforçons d'emmener nos lycéens sur les traces de ces événements marquants. Verdun, par exemple, est un site emblématique de la Première Guerre mondiale où les cicatrices du conflit sont encore si visibles. C'est une expérience bouleversante qui permet de comprendre l'ampleur du sacrifice et l'horreur des combats. De même, la visite d'un camp comme Natzweiler-Struthof, le seul camp de concentration nazi sur le territoire français actuel, est un moment fort. Elle confronte nos élèves à l'indicible, à la barbarie humaine, et leur rappelle l'importance de la vigilance face à toutes les formes d'intolérance. Ces visites sont cruciales pour que nos élèves appréhendent la brutalité des conflits, notamment la Première Guerre mondiale, où des innovations effroyables comme les gaz de combat et leur mémoire dans le Doubs ont marqué les esprits et les corps. Au-delà des faits, c'est une leçon d'humanité que nous cherchons à transmettre.
Le rôle des familles dans la transmission mémorielle
**Question 8 :** Quel rôle jouent les familles de combattants dans la transmission mémorielle ?
**Claire Bourgeois :** Les familles sont les premiers vecteurs, souvent les plus puissants, de la mémoire combattante. Elles incarnent une dimension humaine et intime que les livres d'histoire peinent parfois à restituer. Les récits de vie, les anecdotes transmises de génération en génération, les objets du quotidien conservés précieusement — une photographie jaunie, une lettre de poilu, une médaille — transforment l'histoire en une expérience personnelle et émouvante pour les jeunes. Ces témoignages familiaux créent un lien direct, une empathie profonde avec le passé. Ils donnent un visage, une voix, aux noms et aux dates que nous étudions en classe. Ils permettent de comprendre non seulement les grands événements, mais aussi leurs répercussions concrètes sur la vie des gens ordinaires. Dans le Doubs, cette transmission familiale est d'autant plus prégnante que la région a été profondément marquée par l'occupation nazie de 1940 à 1944. Les récits de résistance, de privations, de peur ou d'entraide, passés de grand-parent à petit-enfant, incarnent l'histoire locale et nationale. C'est un devoir pour nous d'encourager et de valoriser ces passeurs de mémoire, car avec eux disparaît une part irremplaçable du tissu vivant de notre histoire.
Message aux jeunes du Doubs
**Question 9 :** Quel message adressez-vous aux jeunes du Doubs pour les motiver à s'engager activement dans le devoir de mémoire en 2026 et au-delà ?
**Claire Bourgeois :** Jeunes du Doubs, votre rôle est capital, essentiel, pour que la mémoire de notre passé ne soit pas qu'un souvenir lointain, mais une force vive qui éclaire votre présent et forge votre avenir. Le devoir de mémoire n'est pas un fardeau, une simple commémoration de dates ; c'est un héritage précieux, un appel à l'action. C'est en vous appropriant l'histoire de ceux qui vous ont précédés, en comprenant les sacrifices consentis pour la liberté, que vous pourrez mieux appréhender les défis de notre monde contemporain. Le Doubs, notre terre, est imprégné de ces histoires de courage, de souffrance et de résilience. Soyez curieux, posez des questions à vos aînés, explorez les archives, visitez les lieux de mémoire. Ne soyez pas de simples spectateurs, mais des acteurs engagés. Participez aux cérémonies, rejoignez des associations, initiez des projets. En 2026 et au-delà, vous êtes les gardiens de ces témoignages, les porteurs de flambeau. Faites résonner ces voix du passé pour construire un futur où la paix, le respect de l'autre et la démocratie seront des valeurs inébranlables. Votre engagement est la plus belle des reconnaissances envers ceux qui ont tout sacrifié pour que vous puissiez vivre libres.
Conseil de Claire Bourgeois aux jeunes du Doubs : soyez curieux, posez des questions à vos aînés, explorez les archives, visitez les lieux de mémoire. Ne soyez pas de simples spectateurs, mais des acteurs engagés : participez aux cérémonies, rejoignez des associations, initiez des projets de transmission.
Questions rapides — 5 idées reçues sur le devoir de mémoire
Idée reçue N° 1 : “Le devoir de mémoire, c’est seulement pour les anciens combattants”
FAUX : Le devoir de mémoire dépasse largement le cercle des vétérans. Il s’agit avant tout d’un acte de transmission intergénérationnelle, un pont entre ceux qui ont vécu les conflits et ceux qui construisent l’avenir. Son objectif est de maintenir vivante la conscience des sacrifices passés pour éclairer les défis présents et futurs, notamment en matière de paix et de démocratie. C’est une responsabilité collective, partagée par l’ensemble de la société, et particulièrement par la jeunesse.
Idée reçue N° 2 : “L’histoire est ennuyeuse, le devoir de mémoire est un cours magistral rébarbatif”
FAUX : Loin de l’image poussiéreuse d’un cours magistral, le devoir de mémoire, tel qu’il est enseigné aujourd’hui, notamment par des professeurs comme Claire Bourgeois, mise sur l’engagement actif des élèves. Il s’appuie sur des témoignages poignants, des projets concrets, des visites de lieux de mémoire et des créations artistiques. L’objectif est de susciter l’émotion, la réflexion critique et la compréhension, rendant ainsi l’histoire vivante, pertinente et profondément humaine.

Idée reçue N° 3 : “Le devoir de mémoire nous pousse à regretter le passé sans avancer”
FAUX : Bien au contraire, le devoir de mémoire est intrinsèquement tourné vers l’avenir. Il ne s’agit pas de s’enliser dans la nostalgie ou le regret stérile, mais de comprendre les causes et les conséquences des conflits passés. En tirant les leçons de l’histoire, des erreurs comme des héroïsmes, il nous équipe pour construire un futur plus juste et pacifique. C’est un moteur de vigilance citoyenne, une boussole éthique pour les générations à venir.
Idée reçue N° 4 : “Avec Internet en 2026, on a déjà toutes les informations donc le devoir de mémoire n’est plus important”
FAUX : Internet est une mine d’informations, certes, mais il ne remplace en rien la démarche pédagogique et critique du devoir de mémoire. En ligne, la profusion de données s’accompagne souvent de désinformation ou d’une superficialité qui empêche la véritable compréhension. Le rôle de l’éducation est précisément d’apprendre à trier, analyser, contextualiser et développer une pensée critique, des compétences essentielles que la simple navigation numérique ne peut offrir. La mémoire est une construction, pas une simple collecte de faits.
Idée reçue N° 5 : “Le devoir de mémoire est une affaire nationale, les histoires locales n’ont pas d’importance”
FAUX : L’histoire nationale se tisse précisément à partir d’une multitude d’histoires locales, souvent plus accessibles et concrètes pour les jeunes. Aborder la mémoire à travers le prisme du village, de la ville ou de la région — comme Besançon et son riche passé de Résistance — permet aux élèves de s’approprier le récit, de le rendre tangible et personnel. C’est en partant du proche que l’on comprend mieux le lointain, et que l’on donne un sens profond aux grands événements nationaux. Des initiatives portées par des territoires comme la mémoire des victimes des conflits armés et leur transmission aux générations suivantes le montrent : chaque région a ses propres histoires à transmettre. Pour planifier une visite pédagogique dans le Doubs, notre guide du tourisme mémoriel dans le Doubs recense les sites incontournables.
3 choses à retenir de cette interview
1. La pédagogie au cœur de la mémoire
Claire Bourgeois insiste sur une approche dynamique et participative du devoir de mémoire. Loin de la simple transmission de faits, il s’agit d’engager les élèves à travers des projets concrets, des témoignages et une réflexion critique. L’exploitation des archives du Doubs, la reconstitution de parcours de soldats bisontins, les sorties sur les lieux de mémoire dans le Doubs : autant d’outils qui permettent aux lycéens de s’approprier l’histoire et d’en saisir la pertinence pour leur propre vie et pour la société actuelle. Pour les enseignants souhaitant aller plus loin dans cette démarche, le guide pratique sur transmettre la mémoire combattante à l’école rassemble les ressources concrètes proposées par le Souvenir Français du Doubs.
2. Un pont vers l’avenir et la citoyenneté
Le devoir de mémoire n’est pas une rétrospection stérile, mais une démarche proactive. Il vise à armer les jeunes générations des outils nécessaires pour comprendre les enjeux contemporains, prévenir la répétition des erreurs passées et défendre les valeurs de paix, de démocratie et de respect. Participer aux cérémonies commémoratives dans le Doubs est l’une des façons concrètes pour les lycéens de s’engager dans cet apprentissage de la citoyenneté active et éclairée, particulièrement précieux dans un monde où la désinformation et l’oubli menacent la cohésion sociale.
3. L’ancrage local, clé de l’appropriation
Pour Claire Bourgeois, l’histoire locale est un levier puissant pour rendre la mémoire tangible et émouvante. En connectant les grands événements nationaux et internationaux aux lieux et aux personnes de leur environnement quotidien, les élèves de Besançon peuvent développer une relation plus intime et significative avec le passé. Le Doubs, avec ses monuments, ses archives départementales, ses lieux de résistance et ses récits familiaux, offre un terrain exceptionnel pour cette transmission. C’est en partant du local que se forge une mémoire nationale vivante et partagée. Des initiatives semblables menées dans d’autres territoires, comme la mémoire des victimes des conflits armés et leur transmission aux générations suivantes portée par des associations régionales, montrent que cet ancrage local est universel.



