Le 27 août 1944, à Valdahon, huit civils, cinq hommes et trois femmes, sont arrêtés par la Milice, livrés aux Allemands puis fusillés dans l’après-midi rue du Fournelot. La base Maitron recense neuf noms de victimes pour cette exécution. Cet écart documentaire appelle à distinguer le bilan confirmé par la commune de Valdahon de la liste nominative établie par cette source scientifique. La rue est aujourd’hui devenue rue du 27-août-1944, près de la gare, où un monument perpétue le souvenir du drame.

Valdahon à la fin août 1944 : le contexte de la Libération

Le massacre de Valdahon s’inscrit dans l’une des dernières semaines de l’Occupation dans le Doubs. La Libération du département se déroule en septembre 1944, mais la fin du mois d’août est déjà marquée par une forte tension. Dans ce moment d’incertitude, la population civile demeure exposée aux violences, aux arrestations et aux représailles.

Il importe de considérer cet épisode pour lui-même, sans le confondre avec le récit général de la Libération. À Valdahon, les faits documentés concernent une journée précise, le 27 août 1944, et des victimes civiles identifiées. Leur sort rappelle que les derniers temps de l’Occupation ne se résument pas à l’approche de la liberté retrouvée : ils peuvent aussi être ceux d’une répression meurtrière.

La présence de la Milice dans le déroulement des faits est essentielle. Les huit civils sont arrêtés par elle, avant d’être livrés aux Allemands. Cette succession établit clairement la place de la collaboration dans le drame : l’arrestation précède l’exécution, qui est ensuite accomplie par les forces allemandes.

Pour comprendre la portée mémorielle de cette journée, il convient donc de s’en tenir aux sources disponibles : la base Maitron « Fusillés-40-44 », référence scientifique pour les fusillés et exécutés de la Résistance, ainsi que la commune de Valdahon, qui rappelle les faits dans sa rubrique « En bref » en s’appuyant notamment sur l’ouvrage d’André Badot, Le Valdahon - La Tragédie du 27 août 1944.

Le 27 août 1944 : l’arrestation par la Milice

Le 27 août 1944, huit civils sont arrêtés à Valdahon par la Milice. Le bilan donné par la commune de Valdahon est précis : il s’agit de cinq hommes et de trois femmes. Après leur arrestation, ils sont livrés aux Allemands.

Cette donnée doit être regardée dans toute sa gravité. Les victimes ne sont pas décrites ici comme des combattants engagés dans une action armée au moment des faits, mais comme des civils. Leur arrestation par la Milice et leur remise aux Allemands conduisent, le même jour, à leur mise à mort. Le massacre appartient ainsi à l’histoire des persécutions et des violences subies par la population pendant l’Occupation.

La chronologie connue est courte, mais elle est nette : arrestation, livraison aux Allemands, exécution dans l’après-midi. Cette concentration des événements sur une seule journée souligne la brutalité de l’épisode. Elle laisse aussi apparaître l’importance des sources nominatives, qui permettent de ne pas réduire les victimes à un seul chiffre.

La qualification de « massacre », associée à la tragédie de Valdahon, doit être comprise à partir de ces éléments établis. Elle désigne une exécution collective de civils, réalisée dans le contexte des derniers jours de l’Occupation. La mémoire locale a conservé la date et le lieu, donnant à ce fait une place durable dans l’histoire de la commune.

Pour une lecture attentive, il est utile de distinguer les deux niveaux documentaires disponibles :

Source Éléments confirmés
Commune de Valdahon, rubrique « En bref » Huit civils, cinq hommes et trois femmes, arrêtés par la Milice, livrés aux Allemands et fusillés le 27 août 1944
Base Maitron « Fusillés-40-44 » Exécution rue du Fournelot, par rafales de mitraillette, et liste de neuf victimes nommées
Ouvrage d’André Badot Le Valdahon - La Tragédie du 27 août 1944, cité par la commune comme référence locale

Ce rapprochement ne permet pas d’effacer l’écart entre le chiffre de huit civils confirmé par la commune et les neuf noms recensés par le Maitron. Il conduit au contraire à signaler avec rigueur les deux informations, en respectant leurs formulations et leurs cadres documentaires.

L’exécution rue du Fournelot

Plaque commémorative en mémoire des victimes du 27 août 1944 à Valdahon

L’exécution a lieu dans l’après-midi du 27 août 1944, rue du Fournelot, à Valdahon. La base Maitron décrit les circonstances : les victimes sont fusillées par rafales de mitraillette, les mains levées face à un mur de jardin. Cette précision donne au lieu une force particulière dans la mémoire de l’événement.

Les mots employés par la source sont sobres, mais ils rendent compte de la violence extrême de l’acte. Les victimes, mains levées, se trouvent face à un mur de jardin lorsque les rafales sont tirées. Cette description établit le caractère d’une exécution et non celui d’un affrontement. Elle fait de la rue du Fournelot un lieu de mort collective, désormais associé au souvenir des personnes exécutées.

La rue a été renommée rue du 27-août-1944 en mémoire des victimes. Ce changement de nom inscrit le fait historique dans l’espace quotidien de Valdahon. Il ne s’agit pas seulement d’un repère géographique : la date elle-même devient une adresse, une indication permanente de ce qui s’est produit là.

La proximité de la gare et la présence d’un monument permettent également de matérialiser cette mémoire. Le lieu n’est pas relégué à une archive ou à une évocation abstraite. Il demeure visible dans la commune, accessible aux habitants, aux familles, aux visiteurs et aux personnes qui souhaitent mieux connaître l’histoire locale de la période, au même titre que les monuments et lieux de mémoire du Doubs disséminés dans le département.

Une démarche concrète consiste à se rendre rue du 27-août-1944, près de la gare de Valdahon. La visite du monument permet de relier les noms, la date et le lieu de l’exécution. Elle invite à adopter une attitude de recueillement, mais aussi à observer comment l’espace public transmet une mémoire combattante et civile : une rue renommée, un monument, une date conservée dans le paysage urbain.

Les victimes : ce que documente la base Maitron

La base Maitron « Fusillés-40-44 » donne les noms suivants pour les victimes de l’exécution de Valdahon :

  • Georges Carrière ;
  • Lucien Debrosses ;
  • Jean Émile Dornier ;
  • Olga Hanriot-Colin Honegger ;
  • Gottfried Maire ;
  • Germaine Baudelot Noiret ;
  • Roger Charles Louis Rouge ;
  • Angèle Hanriot-Colin Rouge ;
  • Francis Constant Émile Rouge.

Cette liste constitue un apport majeur pour la mémoire. Elle restitue des identités là où le bilan général évoque huit civils. La présence des prénoms, des noms composés et, pour certains, de l’ensemble des prénoms déclarés, appelle à une lecture attentive. Énoncer ces noms, les inscrire dans une recherche ou les présenter lors d’une commémoration, c’est reconnaître que l’événement concerne des personnes singulières.

La commune de Valdahon confirme pour sa part le chiffre de huit civils, répartis entre cinq hommes et trois femmes. La différence avec les neuf noms indiqués par le Maitron ne doit pas être masquée ni tranchée sans élément supplémentaire. Elle est un fait documentaire qu’il faut exposer honnêtement. Dans le travail de mémoire comme dans la recherche historique, signaler une divergence de sources est préférable à une simplification qui effacerait une personne ou déformerait un bilan.

La base Maitron a également l’intérêt de situer le massacre de Valdahon dans un ensemble plus large de recherches sur les fusillés et exécutés de la Résistance, à l’image des réseaux et maquis du Doubs actifs à la même période. Elle ne remplace pas les archives locales, les monuments ou les ouvrages consacrés à une commune, mais elle offre un outil de comparaison et d’approfondissement.

Une seconde démarche concrète consiste à consulter la fiche Maitron consacrée à Valdahon, puis à poursuivre la recherche sur d’autres lieux d’exécution dans le Doubs. Cette méthode permet de comparer les dates, les circonstances rapportées et les listes nominatives, sans confondre les situations. Elle aide aussi à comprendre que chaque lieu possède son histoire propre, ses sources et parfois ses questions documentaires.

La mémoire aujourd’hui : le monument et l’ouvrage d’André Badot

Gare ferroviaire de Valdahon dans le Doubs, à proximité du lieu de mémoire du 27 août 1944

La mémoire du 27 août 1944 est entretenue à Valdahon par des repères visibles et par un travail de transmission. L’ancienne rue du Fournelot porte désormais le nom de rue du 27-août-1944. Près de la gare, un monument rappelle les victimes. Ensemble, ces éléments donnent une place concrète au souvenir dans la commune.

Le monument n’est pas un simple décor commémoratif. Il désigne un lieu où l’histoire locale demeure présente. En se tenant près de la gare, le visiteur peut mesurer que l’exécution s’est produite dans un environnement urbain identifiable, et non dans un espace indéterminé. La mémoire est ainsi attachée à une rue, à une date et à des noms.

La commune de Valdahon évoque également l’ouvrage d’André Badot, Le Valdahon - La Tragédie du 27 août 1944. Sa mention sur le site municipal confirme l’importance de cette publication dans la connaissance locale de l’événement. Le titre même de l’ouvrage rappelle que le 27 août reste une date de deuil pour Valdahon.

Plusieurs gestes simples peuvent contribuer à une transmission respectueuse :

  • lire les noms des victimes avec attention, sans les réduire à un bilan global ;
  • associer le monument à la date du 27 août 1944 et au lieu de l’ancienne rue du Fournelot ;
  • consulter les sources citées, afin de distinguer les informations établies de toute reconstitution non vérifiée ;
  • transmettre aux jeunes générations le caractère civil des victimes, ainsi que le rôle de la Milice dans leur arrestation et leur livraison aux Allemands.

Cette mémoire locale s’inscrit pleinement dans l’action du Souvenir Français : préserver les traces, honorer les morts et rendre les lieux de mémoire compréhensibles. À Valdahon, le nom de la rue et le monument accomplissent cette fonction de façon durable.

Un épisode parmi d’autres : Ornans et les tensions de fin août 1944

Le massacre de Valdahon ne doit pas être dissous dans une histoire générale, mais il peut être replacé dans le climat de tension qui marque le Doubs à la même période. À Ornans, entre le 24 et le 26 août 1944, un autre épisode se déroule dans un contexte de rapports de force et de menaces contre la population.

Selon les éléments connus, une compagnie ukraino-polonaise est capturée par le lieutenant FFI Paillot. Le général von Felbert prend alors 280 otages. Leur libération est finalement négociée. Cet épisode, distinct du drame de Valdahon, montre que les derniers jours d’août 1944 sont marqués par des situations où les civils peuvent devenir directement exposés aux décisions militaires et aux représailles.

La comparaison doit rester limitée à ce qu’elle permet d’établir. À Ornans, les faits évoqués comprennent une capture, une prise d’otages et une libération négociée. À Valdahon, les faits établis sont l’arrestation de civils par la Milice, leur livraison aux Allemands et leur exécution rue du Fournelot. Les deux épisodes ne sont donc ni identiques ni interchangeables.

Ils éclairent toutefois une même réalité : dans les dernières semaines de l’Occupation, l’issue prochaine de la guerre ne protège pas automatiquement les populations. Les événements de Valdahon et d’Ornans rappellent que la fin août 1944, dans le Doubs, reste une période de péril, de violences et de décisions lourdes de conséquences.

Préserver le souvenir du 27 août 1944 à Valdahon, c’est ainsi donner à cette tragédie sa juste place : celle d’un événement local précis, documenté par des sources identifiées, porté par un monument et par un nom de rue, et indissociable de la mémoire des civils victimes des derniers jours de l’Occupation.